Tailler la vigne et déguster des vieux millésimes


Ce samedi matin de février j’avais rendez-vous à la Cave du Vieux Moulin à Vétroz pour la toute première étape de la balade qui me mènera ces prochains mois de la terre au verre. L’ambiance de cette journée est plantée: un magnifique soleil, une chaleur qui fait déjà rêver au printemps et un Vincent Papilloud tout souriant pour nous accueillir! Il représente la 4e génération qui se succède à la cave et du haut de ses 29 ans, il a déjà passé la moitié de sa vie entre les ceps et les cuves. C’était donc tout naturellement l’homme de la situation pour m’expliquer cette étape essentielle du cycle de vie d’un pied de vigne.

On embarque dans son bus, et c’est parti pour un grand huit au fil des minuscules routes improbables qui sillonnent les coteaux de Vétroz. A l’aisance de conduite de Vincent, je comprends tout de suite qu’il a dû parcourir ces chemins quelques milliers de fois au cours de ces 29 dernières années. Y’a pas meilleur guide! Quelques frayeurs plus tard, nous arrivons à destination sur les hauteurs et sécateur à la main nous nous rendons au coeur du vignoble. On prend le temps de s’émerveiller de la vue sur les terrasses et la plaine et je glisse à Vincent « C’est pas mal comme bureau, dis-moi! ». Il me confie alors que c’est l’une des principales raisons qui lui font aimer son métier.

Les vignobles valaisans sont réputés partout pour leur tenue parfaite. Des lignées impeccables et sans fin, même dans les terrains les plus escarpés. Ce n’est pas le fruit du hasard ou une obsession typiquement suisse pour l’ordre, pas du tout non! Les palissades ont été conçues pour faciliter le travail de la récolte, garantir à la vigne un environnement parfait pour profiter de l’ensoleillement de notre canton et ainsi produire le meilleur des raisins.

Le travail de la taille c’est tout d’abord bichonner ses vignes. Par la coupe d’une partie des sarments improductifs de l’année précédente, le vigneron permet au cep de garder toute sa vigueur et lui assure une santé à l’épreuve des dizaines d’années de vie qui l’attendent. En limitant le nombre de bourgeons, il réduit la quantité de grappes produites. Moins elles seront nombreuses à profiter des éléments nutritifs, plus grande sera la qualité de leur raisin!

L’angoisse du vigneron, c’est le gel. Si la vigne est coupée trop tôt et qu’une vague de froid s’abat sur le Valais, c’est une grande partie des bourgeons qui risque de ne pas résister et de s’éteindre jusqu’à l’année prochaine. Alors quand est-ce la bonne période pour tailler sa vigne? De l’aveu de Vincent, c’est beaucoup plus une affaire d’instinct et d’expérience que d’analyse des probabilités météorologiques. Même l’Almanach ne peut pas les aider!

Il nous explique la technique de comptage des « yeux » pour savoir à quel endroit couper le sarment. « 1, 2 et on coupe au-dessus! ».

Dans ses vignes, il utilise deux méthodes de taille:

EN GOBELET

Il s’agit d’un cep, avec 2 à 3 trois « bras » en corne qui produisent chacune un à deux sarment. Par l’espacement des bras, on assure ainsi aux grappes de pouvoir profiter de l’air et du soleil sans se gêner les unes les autres. Au fur et à mesure qu’elles grandissent, elles seront attachées à leur échalas pour former un espèce de gobelet... qui pour moi a plus la forme d’un grand verre de vin! Coïncidence ou obsession?

Cette technique ne permet pas la mécanisation de la récolte. Elle est donc utilisée dans les endroits escarpés et peu accessible avec un ensoleillement maximum.

EN GUYOT SIMPLE

C’est une des méthodes les plus répandues en Valais. On coupe le sarment fatiguée de l’année précédente et on enroule le jeune sarment vigoureux le long du fil de fer, à l'horizontal. Le sarment produira alors 4 à 6 autres branches qui se développeront à la verticale, guidées par le fil de fer supérieur. Les palissades créées (ces longues lignées si caractéristiques de nos vignobles) permettent au moment de la récolte de pouvoir circuler avec des chenillettes et ainsi préserver le dos de nos vignerons qui a déjà bien souffert du travail de la taille!

Vincent prend son rôle d’instructeur très au sérieux et me laisse tailler quelques ceps pour vérifier que j’ai bien assimilé ses explications. Quelques erreurs de débutant plus tard (Je pensais que compter jusqu’à deux était dans mes compétences… !), remplie de fierté je me dis « Ah ben voilà, tout simplement. », je lève les yeux et vois l’étendue sans fin des vignes devant moi… et je réalise alors la masse de travail que cela représente.

Quelques bavardages plus tard sur sa vie de vigneron et nous repartons pour la cave. Petite visite guidée des lieux et découverte des divers vins qu’ils produisent.

Dans leur stock, ils conservent quelques bouteilles de vieux millésimes que vous pouvez vous procurer. C’est toujours une attention très particulière de pouvoir offrir à un épicurien une bouteille poussiéreuse de son années. A condition qu’il ait la chance d’être né après 1989. J’adore cette initiative! Moi qui ait tant de mal à conserver des vins plus de 6 mois avant de les ouvrir A chaque fois je me dis « Celle-là je la garde » et dès que j’ai chez moi un épicurieux à qui je sais que je vais faire plaisir, je la débouche.

Bien installés autour de la table du carnotzet, Vincent nous apporte une énorme planchette de produits de la région. Décidément, ma vie est merveilleuse !

Quand j’ai dit à mes amis que j’ira en visite chez les Papilloud, j’ai eu droit à des « Tu vas kiffer », « Petite veinarde » et « Cave 5 étoiles! ». Vous imaginez donc mon excitation de pouvoir déguster leurs crus.

Le vin de la Cave du Vieux Moulin, c’est déjà de l'émotion dès l’arrivée de la bouteille sur la table. Une étiquette sobre, qui laisse toute la place à une poésie autour du vin. Des textes qui te parleront forcément! Je suis sûre qu’en les lisant tu sauras immédiatement à qui les offrir en guise de cadeau avec un clin d’oeil.

On déguste quelques-uns des déjà très réputés vins de la maison. Emerveillement! Au pays de l’amigne, c’est évidemment un bonheur de déguster la leur. C’est ce moment que choisit Romain Papilloud, père de Vincent et représentant de la 3e génération pour se joindre à nous. Toute cette histoire de blog, c’est un peu mystérieux pour lui. Il se réjouit juste de trinquer avec nous! Pour l’occasion, Vincent nous fait l’honneur de déboucher une incroyable bouteille de Volupté de 2002. Quand je vous dis qu’ils aiment partager et nous faire vibrer ces vignerons!

Un accueil comme on les aime, un moment de partage et de bavardage, de la bonne humeur et de la générosité... je ne peux que vous conseiller de les contacter pour prendre rendez-vous dans leur joli carnotzet vétrozain et découvrir leur gamme de vins qui sentent bon le soleil de la région et l’expérience des générations qui se sont succédées.

Arpenter le canton à la rencontre des hommes et des femmes qui font vivre notre terroir m’a fait découvrir à quel point ils aiment ouvrir leurs portes, dévoiler leurs secrets de production, partager leurs connaissances et anecdotes et bien sûr vous faire déguster le fruit de leur travail. Dans une cave valaisanne, on ne se sent jamais dérangeant ou envahissant. On est toujours reçu comme à la maison!

Si toi aussi tu veux vivre ton expérience au contact de nos vignerons, dans leurs vignes et dans leur cave tu peux participer à l’évènement « Au coeur des vendanges » qui se déroulera le 21 septembre prochain. L’encaveur de ton choix t’embarquera avec lui pour une journée de vendange (pépère), un apéro-planchette entre les échalas, puis te fera découvrir le travail à la cave avant de partager ensemble une raclette. C’est l’occasion unique de pouvoir te laisser guider par la passion qu’ils ont pour leur travail et de ressentir la magie qui opère dans nos vignobles valaisans! Après cette expérience, tu ne déboucheras plus jamais une bouteille de vin de la même manière.

Pour les infos c'est par ici !

Pour passer rendre visite à Vincent et Romain Papilloud:

Cave du Vieux Moulin

Rue des Vignerons 43

1963 Vétroz

Leur lancer un p'tit coup de fil:

Tél. +41 27 346 43 22

Mobile +41 79 449 55 59

Cet article a été réalisé en collaboration avec Les Vins du Valais. Grâce à leur confiance j’y ai écrit tout ce que je voulais et j’ai choisi moi-même les encaveurs que je souhaitais rencontrer. Un partenariat plein de passion qui vous permettra tout au long de cette année de découvrir les visages et les talents de notre canton, au fil du travail réalisé jusqu’aux vendanges.

Crédit photos: DM Photography

#Alapéro #Sionenvirons #Cave #Engroupe

Amanda Morard  |  Route du Manège 42  |  1950 Sion

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